BRENEZ, Nicole (Ed.); VIENET, René. Avec ma bite et mon couteau – René Viénet cinéaste (2026). Blosseville: Marest, 2026. 383 p.; ill.; 21 x 15 cm. ill. cover with photograph of a young René Viénet

Thanks to Marest for sending this a review copy. // Merci a Marest pour cet envoi en service de presse.
French:
On attendait depuis longtemps un ouvrage retraçant le rocambolesque parcours cinématographique de René Viénet : c’est chose faite. Édité par Nicole Brenez — elle avait organisé une rétrospective des œuvres de l’ancien situationniste à la Cinémathèque française en 2015 — l’ouvrage permet au lecteur de (re)découvrir celui qui, avant quasiment tout le monde en France, avait dénoncé les atrocités de la révolution culturelle chinoise.
La première partie de l’ouvrage est une brève autobiographie. En un peu moins de 200 pages, Viénet retrace son parcours. Fils de docker, il grandit au Havre dans un milieu populaire. Il s’inscrit en chinois à l’Université, part enseigner en Chine, revient à Paris où il traduit Harold Isaacs, fait Mai 68 avec Guy Debord (et raconte cela dans Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations), se rend à Hong Kong où — révélation — il découvre le cinéma hongkongais en 1969. La Dialectique peut-elle casser des briques ?, sous-titrage subversif du film de kung-fu Crush Karate, sort trois ans plus tard. On en apprend beaucoup sur les conditions de production de ce film, en particulier le sous-titrage grâce à une table CTM 35 mm. Suivent Les Filles de Kamaré (une petite culotte pour l’été) en 1974, Mao par lui-même en 1976, et Chinois, encore un effort l’année suivante.
La seconde partie du livre est constituée de divers documents autour de René Viénet et de ses films. On retrouve pêle-mêle des articles publiés par Viénet dans Internationale situationniste, des critiques cinématographiques d’époque, un entretien avec l’auteur, des écrits plus récents sur Olympe de Gouges ou Hu Jie… En somme un beau capharnaüm, dans le ton enjoué et badin qui est propre à l’auteur.
En somme, il s’agit ici d’une somme indispensable pour qui veut comprendre « l’autre » cinéma situationniste (Debord ne fit pas de films entre 1963 et 1971), la fièvre pro-Mao des années 70 en France, ou simplement René Viénet — un génial trublion comme on n’en fait plus et, cet ouvrage le démontre, un cinéaste injustement négligé.
English:
A book chronicling René Viénet’s wild ride through cinema has been a long time coming — and it’s finally here. Edited by Nicole Brenez, who curated a retrospective of the former Situationist’s work at the Cinémathèque Française back in 2015, it gives readers a chance to rediscover a man who was calling out the horrors of China’s Cultural Revolution before almost anyone else in France dared to.
The book opens with a slim autobiography — under 200 pages — in which Viénet looks back on his own trajectory. A dockworker’s son raised in working-class Le Havre, he went on to study Chinese at university, taught in China for a time, then returned to Paris, where he translated Harold Isaacs and lived through May ’68 at Guy Debord’s side (a chapter he later told in Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations). A trip to Hong Kong brought a revelation: Hong Kong cinema, discovered in 1969. Three years on came Can Dialectics Break Bricks?, his subversive re-subtitling of the kung-fu flick Crush Karate — and the book digs into just how that film came together, down to the 35mm CTM table used for the subtitling. More films followed: The Girls of Kamare in 1974, Mao by Mao in 1976, and Peking Duck Soup the year after.
The second half is a grab-bag of material built around Viénet and his films — pieces he wrote for Internationale situationniste, film reviews from the period, an interview with the man himself, later essays on Olympe de Gouges and Hu Jie, and more. It’s a lively, cheerfully chaotic assortment, very much in keeping with Viénet’s own puckish tone.
Altogether, it’s essential reading — whether you want to understand the “other” Situationist cinema (Debord, after all, made no films between 1963 and 1971), grasp the pro-Mao fever that gripped 1970s France, or simply get to know René Viénet: a brilliant troublemaker and, as this book makes clear, a filmmaker who’s never gotten his due.



























































